Prospectives

Post-croissance

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  • #727

    Béatrice Hovnanian
    Organisateur(trice)

    Quels sont dans un monde en post-croissance les secteurs à encourager et à décourager?

    A1. La première chose à faire est de regarder les neuf limites planétaires et surtout ne pas se concentrer sur le seul changement climatique.

    Pour rappel, les neufs limites planétaires de Rockstrom sont:

    • le changement climatique,
    • l’érosion de la biodiversité,
    • la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore,
    • les changements d’utilisation des sols,
    • l’acidification des océans,
    • l’utilisation mondiale de l’eau,
    • l’appauvrissement de la couche d’ozone stratosphérique,
    • l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère,
    • l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère.

    A2. A ces neuf limites, Kate Raworth a ajouté 11 planchers sociaux à prendre en compte dans la transition à venir. Il s’agit des droits :

    • à la santé
    • à l’eau
    • à la nourriture
    • à l’éducation
    • à un emploi et à un revenu
    • à la paix et à la justice
    • à une voix politique
    • à l’énergie
    • aux réseaux
    • à l’équité sociale
    • à l’égalité des sexes.

    Il est impératif de ne pas oublier ces dimensions quand on définit des secteurs à encourager et à décourager.

    B1. Quand il s’agit de secteurs à encourager ou à décourager, il y a des filières polluantes qui doivent être amenées à disparaître dans un futur relativement proche tel que:

    • les centrales thermiques charbon
    • le nucléaire

    et à décourager jusqu’à ce qu’elles deviennent obsolètes:

    • les énergies fossiles

    De fait, il s’agit d’encourager certaines filières:

    • Les filières des énergies renouvelables
    • La recherche dans
    • les énergies renouvelables,
    • leur impact écologique,
    • leurs filières de recyclage,
    • la production de froid,
    • et le stockage de l’énergie.
  • Les filières du bâtiment qui induisent une plus grande efficacité
  • Les filières du bâtiment qui induisent une plus grande sobriété (ex:habitat participatif)
  • Les filières du transport qui permettent une plus grande sobriété.
    • Il s’agit d’investir massivement vers de nouvelles infrastructures vélo, de transports publics ainsi que de frets ferroviaires.
    • De même, il serait question de décourager le secteur aérien pour encourager le télétravail, les vacances plus proches ou l’utilisation du ferroviaire.
    • Sur l’efficacité énergétique des transports, ceci est à encourager mais attention au syndrome de simple prime au véhicule neuf qui tend vers une sur-consommation.
  • B2. Dans les secteurs du textile et de l’agriculture, il s’agit avant tout de revoir entièrement les pratiques.

    Il faut tendre à des circuits plus courts en terme d’agriculture avec une fin de l’agriculture intensive. Il s’agit donc d’encourager l’agriculture bio et ces réseaux de distribution courts et de décourager l’agriculture intensive et le transport de nourriture ou de bétail.

    Dans ces relocalisations de l’agriculture et de la production d’énergie, la recherche dans les modèles d’intelligence artificielle sera sans doute à encourager.

    Dans le secteur du textile, il faudra sans doute encourager la relocalisation. Les défis seront nombreux dans ce secteur qui aujourd’hui est un des plus polluants.

    Il faut aussi décourager l’industrie du plastique et encourager la recherche dans de nouveaux matériaux.

    B3. L’éducation est un secteur à encourager. On ne peut espérer changer la société et avoir des élèves entassés dans des classes inefficaces car trop chargées avec beaucoup d’élèves laissés pour compte et dont peu terminent leur scolarité avec les outils qui leur permettraient de réfléchir et d’être résilients.

    Une société résiliente ne peut se construire sans êtres résilients pour la construire! C’est pourquoi c’est dans le secteur de l’éducation qu’un des plus gros efforts de croissance doit être fourni.

    Le secteur de la formation est évidemment aussi à encourager afin de permettre la transition.

    B4. Il s’agira par ailleurs d’encourager le secteur de la santé, et de l’aide aux plus âgés et à l’autonomie.

    Néanmoins, le plus gros des efforts sur la santé sera un effort sur la santé préventive avec un travail sur la pollution de l’air d’une part, l’agriculture mais aussi sur tous les perturbateurs endocriniens qui existent par ailleurs.

    B5. D’autres secteurs sont à réfléchir avec une réflexion sur la distribution, les métiers de la finance et la pollution du numérique par exemple.

    De plus, une réflexion est à mener sur le télé-travail:

    • Les activités propices au télé-travail
    • Les quotités de télé-travail qui ne détruisent pas le lien social
    • L’équilibre en terme d’impact environnemental dans le télé-travail entre diminution du transport d’une part et plus grande utilisation énergétique du numérique d’autre part.

    B6. Enfin des pratiques au sein de tous les secteurs sont à décourager pour la première et à encourager pour les autres :

    • obsolescence programmée,
    • recyclage, et réutilisations,
    • bonnes pratiques environnementales,
    • formation continue,
    • participation dans la vie de l’entreprise,
    • égalité des traitements hommes-femmes
    • etc.

    Voilà mon début de réflexion sur les secteurs à encourager et à décourager.

    Il s’agit de créer des secteurs à impacts environnemental et social positifs.

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